Société scientifique historique et archéologique de la Corrèze
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Bienvenue aux généalogistes 

  • Les adhésions récentes à la Société et les questions qui nous sont posées sur le site, nous montrent l'intérêt croissant des amateurs de généalogie pour l'histoire régionale ou générale. 
  • Nous en sommes heureux et nous leur souhaitons la bienvenue.
  • Longtemps, historiens ou amateurs d'histoire et généalogistes, ou amateurs de généalogies familiales se sont regardés avec méfiance.
  • Leurs domaines paraissaient incompatibles.
  • L'histoire, fille de la mémoire, ne doit pas se mettre au service de sa mère. Elle doit accepter la demande de mémoire mais elle n'a pas un "devoir de mémoire" et ne doit pas se mettre au service d'une cause. Elle exige des raisons et surtout des preuves. Quoiqu'en pensent certains, qui tentent de la plier à leurs théories et leurs idées, elle utilise des méthodes de plus en plus scientifiques et rigoureuses.

  • La généalogie a longtemps été le domaine des familles aristocratiques, qui tentaient de faire remonter le plus loin possible à de prestigieux ancêtres, leurs lignées. Volontiers amnésiques sur le mariage bourgeois des filles, sur les lignées bâtardes et sur les ancêtres décapités pour trahisons ou ceux qui, pire encore, dérogeaient en travaillant, ces familles ont eu jusqu'au XVIIe siècle, un relatif monopole.
  • Puis, les bourgeois vivant noblement, ou soi-disant nobles, ont dû à partir de 1595 et plus encore au XVIIe siècle, apporter leurs preuves. Le plus simple pour les généalogistes d'abord, s'ils voulaient être récompensés de leur recherche, était de trouver des ancêtres mythiques en Italie, en Angleterre, ou même chez les Romains ou les Grecs. Une autre méthode consistait à s'accrocher, tel un wagon de marchandises à un express, à une famille illustre porteuse du même nom.
  • C'est ainsi que le travail du généalogiste passe aisément de la "science du vrai à l'art du vraisemblable". Il devient poésie, roman historique, domaine du rêve.
  • Après la Révolution, aristocratie et bourgeoisie ont continué sur leur lancée comme en témoignent les invraisemblables "faux Courtois" où l'on retrouvait aux croisades, toutes les ancêtres des familles encore existantes au XIXe siècle. C'est pourquoi, la chose découverte, il a fallu fermer la salle des croisades.

  • Il faut attendre le XXe siècle pour que tout un chacun se mette à la recherche de ses ancêtres. Jeunes garçons et dames retraitées ont envahi la quiétude des salles d'archives, feuilletant et refeuilletant les vieux registres paroissiaux et les liasses de notaires, et édifiant, jour après jour, des arbres de plus en plus touffus et de plus en plus éloignés de leur auteur, le généalogiste amateur.
  • Cette passion s'explique-t-elle ? 
  • Est-ce un besoin de racines dans une société en pleine mutation ? Un désir de permanence dans un monde qu'on nous décrit comme pollué, industrialisé à outrance et en proie à des dérèglements climatiques ? 
  • Est-ce une recherche d'identité dans une époque de multiplications des croyances, des modèles parentaux, des futures menaces de clonages ?
  • Toute cette quête ramène à un passé qui peut être, selon ce que l'on recherche, idéalisé ou au contraire poussé au noir. Chacun menant sa recherche individuelle, ne connait que son petit groupe d'ancêtres, même si le hasard des rencontres lui fait croiser d'innombrables cousins.
  • La quête achevée ou en voie de l'être, car on se heurte dès le début du XVIIIe siècle à des archives incomplètes, vient le désir de savoir comment vivaient ces ancêtres.
  • Deux voies s'ouvrent alors au généalogiste maintenant confirmé. Suivre une pente poétique et littéraire et écrire le roman de ses ancêtres ; suivre une pente scientifique et tenter, à l'aide de logiciels de plus en plus performants, des statistiques et des études d'ancêtres que les universitaires baptisent du nom pompeux de prosopographies. 
  • Dans les deux cas, et pour les aider à bâtir leur projet, nous leur faisons un bon accueil et nous mettons à leur disposition nos archives et les ouvrages de notre bibliothèque.
  • Nous tâchons de conserver notre sérieux, lorsqu'ils nous annoncent avoir remonté leur généalogie jusqu'à Charlemagne, ou, plus modestement, jusqu'à Saint Louis.
  • Certains d'entre eux, après avoir longuement étudié le grand père savetier ou le cousin notaire, finissent par avouer une arrière grand-mère noble, mariée à un marchand et, dès lors, n'ont plus qu'à se servir des nobiliaires pour remonter indéfiniment en arrière.
  • C'est  alors que nous les convions à se méfier des nobiliaires, mais comment faire admettre à quelqu'un de novice que ce qui a été imprimé n'est pas nécessairement exact ? 
  • Nous voyons passer dans leur regard une lueur de désappointement, mais nous tenons bon, espérant que le virus de l'histoire va les saisir, après celui de la généalogie et qu'ils vont se contenter de "peut-être" et de "semble-t-il " au lieu de triomphantes certitudes.
    "Chercheurs de débris à la dérive et d'épaves perdues, toujours quelque chose fuira entre nos doigts comme du sable..." Marguerite Yourcenar.
  • Ce billet doit beaucoup à un excellent article de M. Bernard Chevignard qui est son discours de réception à l'Académie des Sciences et Belles lettres de Dijon.





Dernière mise à jour : ( 06-04-2009 )
 
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